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CRISE

Si la migraine était une montagne, cette phase en serait le sommet. C'est le moment où la douleur nous broie, littéralement. Comme une hache plantée sur un côté du crâne, un tournevis vissé au-dessus d'un sourcil, la tête dans un étau, des tisons dans les yeux, les nerfs comme arrachés à vif, la torture est multiple. Elle peut être sourde, vive, lancinante, pulsatile... elle est accentuée à l'effort. Parfois elle monte lentement dans la journée. Souvent, on se réveille avec le matin.


Mais il n'y a pas que la douleur...


D'autres symptômes s'ajoutent à la crise. Je compare parfois le mal-être migraineux à l'intensité d'un état grippal fort. Ce ne sont pas les mêmes symptômes mais le mal-être global est assez similaire. Les plus chanceux auront des nausées, parfois calmées grâce à des épisodes de boulimie, pour les autres ce seront des heures de vomissements. Vomir de douleur. Évidemment cette douleur immense empêche de dormir. Et si par miracle on parvient enfin à s'endormir, la sommeil est sans repos car le cerveau, bien qu'endormi, continue de souffrir. Dans ces moments-là, la personne touchée ne supporte plus aucune lumière, aucun bruit, aucune odeur, aucun mouvement. Elle ne peut plus discuter, réfléchir, conduire... et bien souvent elle finit dans une chambre, dans le noir, seule avec ce mal-être et cette douleur immenses. Elle en ressortira épuisée, lessivée, comme passée sous un rouleau compresseur.


Les AINS et autres anti-douleurs classiques n'ont en général aucun effet sur cette douleur. Toutefois il existe des médicaments dits "de crise": les triptans. Mais pour qu'ils soient efficaces, il faut les prendre au bon moment. Ni trop tôt, ni trop tard dans la crise, sinon ils ne marchent pas. Juger ce moment idéal est difficile. Ces médicaments ont des effets secondaires qui peuvent être lourds. Et la posologie est de 10 comprimés par mois maximum. Sinon ils peuvent provoquer (entre autres)... des migraines! dites "de rebond". En dernier recours, de nombreuses personnes migraineuses finissent aux urgences, pour recevoir des perfusions de morphine. Parfois, la douleur est si forte que l'on croit qu'on va mourir.


Cette douleur récurrente installe la personne migraineuse dans une souffrance chronique. La douleur est une sensation physique pénible, mais on peut apprendre à la gérer. Mais la souffrance est tout un monde... physique, psychique et émotionnelle, c'est un concept de douleur bien plus large, étendu, infini... Et ne pas arriver à se soulager de cette douleur, sans savoir quand elle s'arrêtera est très angoissant.

Voici les principaux symptômes qui ne trompent pas, mais la liste est bien plus longue et propre à chacun·e.





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